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Santoro, le dernier tour du magicien…

mer 9 sept 2009

US Open 2009

C’est un musée du tennis à lui tout seul. Un véritable joueur d’échec qui rentre dans la tête de ses adversaires et pense chaque balle avec deux coups d’avance. Comme l’a si bien dit André Agassi, « C’est un magicien ! » Aujourd’hui, il entre sur le court pour jouer le premier tour de son 69ème et dernier tournois du Grand Chelem, chiffre érotique et record absolu.

En face de lui, Juan Carlos Ferrero. Loin d’être un inconnu, loin d’être un cogneur redoutable, loin d’être un jeune premier qui se laissera prendre, l’espagnole est tout le contraire : un combattant, un cavaleur de fond de court, un limeur terrassant qui en a épuisé plus d’un. Frabrice aurait sans doute préféré quelqu’un d’autre pour sa dernière mais il entre sur le terrain sans le moindre doute : il fera le spectacle !

D’entrée, on se dit que ça commence mal quand Ferrero fait le break dans le premier jeu, mais le magicien à deux mains mérite bien son surnom. Dès le jeu suivant, il nous gratifie d’une balle déposée juste derrière le filet au bout du premier gros rallye du match pour débreaker dans la foulé. Malgré ses 36 jolis printemps, on sent Fabrice concentré, affuté, joueur et amoureux du spectacle. Ses jambes se ballades, elles tricotent comme s’il tissait sa toile. Ses coups sont aiguisés et sa tactique aussi précise qu’une montre suisse.

Ferrero ne lâche rien et la chaleur de New York pourrait bien faire craquer l’un des deux joueurs plus vite que prévu. Entre breaks et débreaks, le set se déroule, à l’avantage de l’espagnole qui finit par confirmer le sien et conclure 6/4 en 45 minutes.

Le second set débute sur le même rythme. Fabrice a clairement changé de tactique et délaisse  les rallyes de fond de court pour se rendre le plus souvent à la volée. Le magicien nous régale de toute son intelligence de jeu et d’un touché de balle fabuleux que va lui permettre de mener 2/0. Volées courtes croisées avec effet rétro, lobes millimétrés, passings gracieusement déposés en bout de course… tous les coups du tennis y passent, pour notre plus grand plaisir et celui des milliers de spectateurs venus assister à la messe. Mais Juan Carlos Ferrero espagnole à la grinta bien de chez lui. Aujourd’hui numéro 24 il a longtemps côtoyé le top 10 et nous le rappelle en débreakant immédiatement pour ne pas laisser le magicien s’envoler dans cette manche. Le 5ème jeu de ce set est une véritable symphonie, les deux joueurs ne lâchent rien. Avantage, égalité… Fabrice ne veut pas céder son service et doit déployer tout son talent pour finir par mener 3/2. Il y aura laissé toutes ses forces et s’inclinera finalement 6/3.

Dans le troisième set, on sent que le magicien y croit encore mais Ferrero ne compte pas se laisser prendre. Il arrive à maintenir le français au fond du court, à le faire courir, à l’empêcher de conclure rapidement les points. Au fil des jeux, on sent que Fabrice a de plus en plus de mal à récupérer, il commence à enchaîner les fautes, la magie s’estompe. Son service est moins précis et finalement, c’est l’espagnole qui devient magique. Mais Fabrice qui ne partira pas de ce court sans nous offrir encore quelques éclats de son talent. Il était écrit que ce soir, le rideau tomberait définitivement. Sur un respectable 6/3 dans la dernière manche et quelques jongles, dignes de Maradona, plus tard, le joueur le plus atypique du circuit fait ses adieux aux tournois du Grand Chelem… Salut l’artiste

SV



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