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Serbie / France – Eliminatoires Coupe du Monde 2010

jeu 10 sept 2009

Equipe de France

Ça sent la poudre !

C’est LE match que toute la France attend ! Après un nul au stade de France contre la Roumanie, l’équipe de Raymond Domenech n’a plus le choix, elle doit s’imposer tout en sachant qu’elle n’est plus maîtresse de son destin. A quatre points de son adversaire du soir dans la course à la Coupe du monde 2010, les français doivent non seulement gagner, mais aussi espérer un faux pas des serbes lors des deux derniers matches pour éviter les barrages.

Dans le volcan du Marakana, les Bleus savent bien que la tâche ne sera pas simple. Les serbes ne sont plus les mêmes que lors du match aller. Ces derniers mois, ils ont enchaîné les victoires et sont même déjà revenu victorieux d’un match en Afrique du Sud… Et ils ont bien l’intention d’y retourner ! De plus, cette équipe sera poussée par un public survolté qui pour nous mettre dans l’ambiance, commence par copieusement siffler la Marseillaise… grande classe !

Bienvenue en enfer !

M. Rosetti donne le coup d’envoi d’une rencontre qui débute à toute allure. Dès l’entame du match, les français font le siège dans le camp adverse. Ils sont agressifs, solides dans les duels et poussent les serbes à la faute. Après 3 minutes de jeu, les Bleus ont déjà obtenu trois coups de pied arrêtés. Seul bémol à ce début de symphonie, un Lloris qui ne semble pas en confiance. Ses dégagements sont approximatifs, son jeu au pied à des allures de claquettes, mais c’est pourtant bien lui qui sauve une première fois l’équipe de France en se couchant parfaitement sur un tir serbe. Oui mais voilà, on le sentait, ce qui devait arriver, arriva. Sur une mésentente de la défense, le gardien français est obligé de sortir un peu tard et fauche l’attaquant dans la surface de réparation. Le pénalty est indiscutable mais pire, Lloris écope d’un carton rouge tout de même sévère à la vue des ralentis. C’est la double peine pour la France qui se voit menée 1/0 et à dix contre onze, Gignac en moins, dès la 10ème minute ! Ca va être très dur, mais ce coup de semonce pourrait bien, enfin, sonner la révolte française !

On sent immédiatement que les Bleus se rebellent. Henry remonte vigoureusement ses troupes et leur demande de partir, vaille que vaille, à la bataille ! Dans un premier temps, l’équipe confond vitesse et précipitation. Elle subie encore le jeu et les occasions sont toujours serbe. Les passes sont mal ajustées, les français courent après le ballon, mais au moins, ils courent. A force d’effort et d’acharnement on sent que l’équipe est de plus en plus compacte. Elle se ressert et arrive à mieux conserver le ballon. Quelque chose se met en place et ça se voit. C’est moins brouillon, le jeu se développe, saupoudré, et ça c’est bon, de quelques gestes techniques admirables. Au milieu, Lass, fait un match de folie. Il récupère un maximum de ballons et bien malin celui qui lui prendra ! En termes d’occasions, on doit encore se contenter de frappes lointaines mais ça va bien finir par relancer la machine offensive.

Dans son coin, Franck Ribéry joue les ramasseurs de balles. Il a envie d’en être, de venir se mêler au combat, de rentrer dans le vif du serbe. Dans ses cages, Mandanda rassure. Il fait d’excellentes sorties, lit bien le jeu et soulage sa défense. Les serbes sont de plus en plus méfiant vis-à-vis de cette équipe qui semble transformée et plus dangereuse que jamais.

A force de pousser, à force de courage, à force de solidarité et à force de frapper, la France va finir par la mettre au fond. A la 31ème minute, sur une frappe lointaine d’Anelka fébrilement repoussée par le gardien serbe, Henry jaillie en renard des surfaces et la pousse dans les filets du bout du pied. Ce qui paraissait impossible arrive pourtant, la France égalise !

Les regards serbes sont soudain perdus. Ils sont sonnés. Ils perdent de plus en plus de ballons, ils se replient. De leur côté, les Bleus s’appliquent, construisent, sont puissants dans les duels et se créés de nouvelles occasions. A la 40ème, Anelka bien décalé lâche une frappe monstrueuse qui passe juste à côté de la lucarne droite. Dans la foulé, un coup franc de 30m de Gourcuff oblige le gardien à un exploit pour sortir cette frappe cadrée juste sous la transversale. Mais les serbes ont aussi du cœur et se créés une occasion juste avant la mi-temps qui oblige un Mandanda, vigilent, à aller au contact. Magnifique !

Une France exa-serbée

Dès le début de la seconde période, les français reprennent leur place dans le camp adverse alors que Diarra et Ribéry sont partis s’échauffer. Les occasions sont plus rares qu’en fin de première mi-temps. C’est un véritable combat de milieu et Lass continue sont match énorme. L’air de rien, il est partout ! A la 52ème, Anelka sonne la révolte et décoche, une nouvelle fois, une frappe de 30m qui va passer juste à côté de la lucarne alors que le gardien était visiblement battu. Les serbes sont fébriles. La défense hésite, tousse, se déchire. Même à dix les Bleus dominent clairement mais à ne pas concrétiser, ils laissent encore de l’espoir à une équipe serbe qui se créée quelques occasions et notamment sur une frappe de loin (copieurs !) qui vient claquer la transversale d’un Mandanda qui n’avait pas bougé. Ouf !

Les français repartent de plus belle et nous régalent de gestes et d’actions somptueux. Les serbes sont aux aboient. Ils serrent les dents et les esprits s’échauffent. A la 66ème, sur une belle attaque française avortée, ils remontent le terrain en contre et s’offrent une superbe frappe qui passe juste en bas du poteau droit français. Quelques minutes plus tard, c’est Henry qui trouve le petit filet à la suite d’un corner repoussé par une défense adverse qui plie, supplie, mais ne rompt pas. A la 75ème, Ribéry entre enfin en jeu à la place d’Henry. Pas facile pour lui de se mettre dans le rythme d’un match d’une telle intensité, c’est sans doute pour ça que Domenech ne l’a pas fait plus tôt. L’équipe de France est solidaire, bien huilée, espérons que ce changement, ne vienne pas gripper la machine. La fin de match est tendue. On va d’un but à l’autre, ça sent le chaos des deux côtés. A la 85ème c’est Diarra qui remplace un Gourcuff au bord de la rupture. Domenech et Henry sont debout, au coude à coude pour pousser l’équipe. Le match est de plus en plus haché. Les petites fautes et les arrêts de jeu se multiplient. Les serbes prendront même un carton rouge pour une contestation inutile à la 89ème.

Quelques minutes plus tard, coup de sifflet final sur ce score de parité. Une déception pour les serbes et un résultat finalement inespéré pour les français vu la tournure des événements. Mais plus que le résultat, on a vu une équipe de France révoltée, solidaire, conquérante, agressive, combattive, qui s’encourage… Bref, on a vu une équipe comme on les aime. Et si dans la douleur et l’adversité, dans le combat et la chaleur de ce volcan de Marakana elle venait, finalement, de se trouver une âme ?

SV



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